Sujet: Cross Over

Un peu d'histoire sur cette histoire.
Quand on est membre d'un site qui parle de séries télés, l'été est toujours morne. Et l'été 2005 ne semblait pas faire exception à la règle. Dans un moment de lucidité alcoolisé, je m'étais dit que ça serait marrant de faire une fanfic qui mélangerait plusieurs protagonistes de plusieurs séries et de la proposer sur EDUSA à la manière d'un feuilleton d'été.
Un synopsis vite fait et me voilà qui écris les deux premier chapitres rapidement. Sauf que comme à mon habitude, au bout de deux ou trois semaines mon intérêt baisse et arrive proche du néant. Tant pis pour le feuilleton sur EDUSA, de toute façon pas sûr que Ju notre GRC (gentil rédacteur en chef) aurait accepté.
Depuis cette histoire traînait sur mon DD, ne soyez donc pas étonnés si ça ne correspond pas aux suites des séries qui sont décrites, 2005 c'est loin quand même. lol




Chapitre 1
Trojan Horse

  Juin tirait à sa fin, le soleil de Californie tapait fort et les élèves encore présents préféraient errer à l’ombre des couloirs de Neptune High plutôt qu’affronter la chaleur déjà torride. Veronica ne faisait pas exception, la lumière étant vraiment trop forte. 
  Soudain, ce calme estival fut troublé par des coup de sifflet, des aboiements de chiens et les bruits des pas de course de dizaine de policiers. Dans un bel ensemble, tout ce petit monde qui avait envahi le lycée se retrouva bien vite devant un casier. Les chiens grognant, crocs bien en vue, leur maîtres tentant de les calmer, les autres flics formant un cercle empêchant les élèves d’approcher.
  Comme par miracle, les « place, place » du principal écartèrent la foule des curieux, permettant à Clemmons et au shérif Lamb d’avancer tel Moise et les hébreux à travers la Mer Rouge.
  Lamb montra le casier au vice principal que les chiens indiquaient. « C’est bien a celui que l’on croit ?
- Oui. » Van Clemmons se retourna, scrutant du regard la foule estudiantine qui murmurait. Son regard s’arrêtait parfois sur le visage d’un étudiant qui finissait obligatoirement par baisser les yeux, sauf bien évidemment la petite peste blonde qui le faisait souvent tourner en bourrique. Il se jura de l’avoir un jour dans son bureau et de la briser une bonne fois pour toutes. Finalement son regard s’arrêta sur un jeune garçon. « Julian Anscutter, venez immédiatement ici ! »
  Le grand type s’approcha mal à l’aise sans vraiment savoir ce qui l’attendait.
  Clemmons indiqua le casier. « Ouvrez-le ! »
  Julian eut à peine le temps de finir sa combinaison que Lamb le repoussa sans ménagement et commença a fouiller le casier. Triomphant, il en sortit une clé USB. Il fit signe a un des ses adjoints d’apporter un ordinateur portable. Après l’avoir enfiché, il appela le principal.
«  M. Clemmons. » Il alluma l’ordinateur. Après quelques secondes, la célèbre représentation du bureau d’un non moins célèbre système d’exploitation disparut, remplacée par un écran noir où clignotait en rouge une phrase : La prochaine fois cela sera pire que le réseau du lycée.
  Lamb se retourna vers Julian. « Je crois que c’est clair.
- En effet, renchérit Clemmons. »
Le shérif appela un de ses hommes. « On boucle celui-là pour atteinte à la sécurité de l’établissement en attendant mieux. La clé, plus son site sont suffisamment incriminants.
- Mon site ? J’ai été piraté la semaine dernière, je n’avais rien a voir avec certaine menace proférée dessus, je le jure ! »
  Lamb n’écoutait pas et Clemmons encore moins. D’un geste, Lamb signifia à ses hommes qu’il ne voulait plus le voir. Fermement tenu par les policiers, ils l’emmenèrent sans ménagement. Soudain le visage du garçon s’éclaira : « Veronica ! Veroniva Mars ! Aide-moi s’il te plaît, je n’ai rien fait, la clé n’est pas à moi, je ne comprends rien à ce qui arrive… Veronica ! »
  La jeune fille regarda les hommes de Lamb l’emmener sans rien pouvoir faire et quand elle se retourna, ce fut pour découvrir le doigt de Clemmons qui la pointait à quelques centimètres de son front. « N’y pensez même pas, souffla Clemmons.
- Je n’ai encore rien fait, ni rien dit… Il n’empêche…
- Tsss, tsss, coupa Clemmons, ne poussez pas trop loin votre chance.
- Je demande juste des éclaircissements pour le journal. Il est étonnant de voir un étudiant partir menotté, monsieur le vice-principal.
- Pour le journal, hein ? »
  Veronica lui lança son plus joli et innocent sourire. « Un bel article pour informer mes camarades de votre diligence à protéger ce merveilleux lycée.
- Très bien. Notez ça, Miss Mars. M. Anscuter à un site Internet punk, tendance anarchiste. De la graine de voyou si vous voulez mon avis. Bref, j’ai reçu un coup de fil d’une autorité indiquant que notre jeune ami projetait un attentat contre le lycée. Il semble bien désormais que cette information soit juste. En attendant d’être sûr que la clé est bien la sienne, ce garçon restera sous la garde du shérif Lamb. Cela vous va, mademoiselle Mars ?
- C’est parfait. » Elle tendit alors son pouce à la verticale. « Go Pirates !
- Bien ! » En souriant, confiant, Clemmons se retourna vers les jeunes et tapa dans ses mains. « Allez, circulez, il n’y a plus rien à voir, le spectacle est fini ! »
  La foule se dispersa rapidement, élèves comme chien et policiers. Veronica finit par rester seule devant le casier toujours ouvert. Elle sortit son portable. « Mac ? Je vais avoir besoin de toi. »

*

  Mac était assise à son bureau, pianotant son clavier, s’adressant à Veronica sans la regarder. « Tu sais, sans un bon mot de passe j’aurai du mal à faire tout ce que tu demandes !
- Tiens, Julian a été gentil. » Mac se retourna surprise. «  Tu as pu lui parler ?
- Je dois sûrement avoir une touche avec le shérif, Lamb a été un amour.
- Veronica ! Je ne veux rien savoir… Voyons donc le ventre de la bête. »
  Pendant quelques instants il n’y eut que le bruit du clavier.
« Bizarre, attaqua Mac. Il y a bien eu une effraction du site comme l’a dit Julian, mais ça ne va pas être simple pour remonter à la source.
- Comment ça ?
- Eh bien, je suis déjà à deux relais et je ne suis pas près de trouver la source.
- Mais tu pourrais ?
- Avec un peu de temps… Sûrement.
- Parfait, appelle-moi quand tu auras trouvé. Je dois poser quelques questions du côté des amis de Julian. »
  Mac répondit juste par un signe de la main, le nez planté devant son écran.

*

« Honey ! I’m home… » Veronica, sans attendre de réponse, rentra chez elle pour se voir agresser par Backup qui chercha avec frénésie à lui lécher le visage. « Pa, tu es là ? » Pour toute réponse elle n’eut que le bruit d’une casserole crissant à terre et son père qui se releva précipitamment de derrière le comptoir.
  Keith indiqua la casserole de sauce tomate tombée à terre et qu'il venait de ramasser. « Ce soir on mange light, pâtes au fromages. Et elles sont parfaites. Tu peux mettre la table, s’il te plaît ? »
  Veronica s’exécuta . Elle en profita pour raconter sa journée et son enquête après que son père le lui ait demandé. La famille Mars allait attaquer le dessert quand le portable de Veronica sonna. « Mac ? Tu as pu remonter la piste… Cool… Mieux qu’une adresse IP, qu’est-ce qui peut être mieux que ça… Génial, attends ! » Elle fit signe a son père de lui apportait un stylo et du papier. « Vas-y, je note. »
  Après avoir raccroché, Veronica composa le numéro qu’elle venait de noter. Il ne fallut que quelques secondes pour qu’elle blêmisse. Son père n’eut guère le temps de s’inquiéter qu’elle lui tendit le téléphone ; il comprit de suite la raison de son angoisse. Une voix féminine impersonnelle ne cessait de répéter la même phrase : "Désolés de ne pouvoir donner suite à votre appel, le standard de Langley est pour l’instant saturé. La CIA vous remercie de votre appel, veuillez nous recontacter plus tard."
  Keith referma le téléphone. « Tu es sûre que ton amie n’a pu faire d’erreur ?
- Sûre et certaine ! C’est une crack à son niveau. Si elle dit que celui ou ceux qui ont piraté le site de Julian vient de là, je lui fais confiance. »
Il y eut un silence que Veronica s’empressa de rompre.
« Je fais quoi ?
- Rien. Cette fois ça dépasse tes compétences, chérie. Tu vas donc laisser Papa se débrouiller avec ça et retourner triché à tes examens.
- Je ne triche pas.
- J’espère bien, manquerait plus que ça, tiens.
- Et je voudrais ajouter que si c’est hors de ma catégorie, ça l’est aussi de la tienne.
- C’est bien pour ça que ton vieux père va demander l’aide d’un vieil ami. »
Et sans laisser sa fille rajouter quelque chose, il se rendit dans sa chambre où il s’enferma.

*

  Veronica passa une nuit agitée. Elle se réveilla tôt et attendit que son père parte travailler pour ensuite entrer dans sa chambre et allumer l’ordinateur. Par chance, son père n’avait pas effacé l’historique et elle put voir que la dernière page vue la veille au soir correspondait aux petites annonces du Los Angeles Chronicle. Même si elle ne savait pas ce que son père avait écrit, c’était déjà un bon début.
  L’avantage d’être en juin était que cela permettait à Veronica de sécher l’école pour se rendre au bureau sans avoir à se battre constamment avec son père. Comme par hasard, l’édition du jour du LA Chronicle était bien là. Veronica commença à lire les petites annonces. Bien vite, une attira son attention : "Brother Justin, je ne vous ai vu depuis notre nuit à regarder la planète rouge à New Canaan. Il serait bon que l’on se retrouve, mes péchés me pèsent. "
  La signature indiquait Miss Kim. Ça ne lui disait rien, mais cela représentait trop le style de son père, elle en aurait mis sa main au feu. Restait maintenant à savoir quand aurait lieu le rendez-vous. Espionner son père n’était pas la chose la plus plaisante pour Veronica, mais avec un bon émetteur placé dans le combiné du téléphone, elle pouvait écouter ce qu’il dirait.
  C’était son affaire, elle l’avait commencée et elle comptait bien la finir, quoi qu’en dise l’ex-shérif Keith Mars, père de son état.
  Keith partit du bureau vers 19H. Dès qu’il eut refermé la porte, elle se précipita dans le bureau pour récupérer la K7 qui avait enregistré les différents coups de fil passés ou reçus par lui. Les quatre premiers ne lui apprirent rien, mais le dernier, par contre, répondit à ses attentes. Malgré ces manières de répondre élusives, Veronica devina où son père avait fixé son rendez-vous. Elle regarda sa montre ; elle devait faire vite si elle ne voulait pas rater la rencontre.

*

  L’avantage de vivre dans une ville de riches comme Neptune était que le cimetière n’avait rien de commun avec les autres cimetières du pays : ici, les caveaux se disputaient le prix du plus somptueux. Et accessoirement, cela permettait de rester discret dans les allées.
  Des nuages avaient fait leur apparition, cachant la lumière blanchâtre de la lune. Tant pis pour les photos. Restait au moins le micro directionnel pour entendre ce qu’ils se diraient.
  Elle repéra facilement son père et se rapprocha de lui le plus possible, quand elle vit arriver une haute silhouette, plutôt robuste, cheveux blanc. Elle pointa le micro vers les deux hommes.
  « Bonsoir Jack, attaqua son père.
- C’est un plaisir de te revoir Keith, même si je me demande ce que vaut autant de… discrétion.
- Il est arrivé quelque chose au lycée de Neptune et cela a des ramifications que je n’arrive pas a appréhender. J’aurais donc…
- S’il s’agit du problème des réseaux informatiques, on est dessus.
- Même sur votre implication ?
- Notre quoi ? »
  Un blanc. Puis Jack reprit.
« On parle bien de la même chose ?
- Un pseudo terroriste aurait proféré des menaces pour infecter le réseau du lycée de Neptune en promettant bien plus.
- Rajoute une bonne centaine de lycée à travers le pays et tu sauras pourquoi la CIA est dessus.
- Et vous êtes aussi responsables de l’infection, comme pour Neptune ?
- Mais de quoi tu parles ? »
  Veronica vit son père sortir un ordinateur portable.
« Un petit génie a remonté la trace d’une infraction sur le site qui aurait menacé la santé informatique de notre école libre et publique. L’adresse IP correspond à une des lignes de Langley.
- Impossible !
- Jack, pas d’affirmation péremptoire. Nous savons tous les deux que la CIA peut faire bien plus.
- Non, ce que je veux dire, c’est pourquoi la CIA se bloquerait elle-même sur cette affaire ? Quasiment tous les services sont sur ce problème. Une centaine de pseudo-terroristes lycéens de ce pays a de quoi rendre fou et parano nos dirigeants !
- C’est un bon moyen de vous occuper, peut-être ? »
  De nouveau un blanc. Comme si Jack digérait l’information. « Peut-être. Ecoute, je vais voir ce que je peux faire, Keith. » L’ex-shérif sortit un DVD de l’ordinateur. « Toutes les infos sont dessus. » Jack s’empressa de mettre le disque dans une de ses poches. « Très bien, dès que j’ai du nouveau, je te contacte par le même canal que celui que tu as utilisé.
- Pas de problème. C’est toujours un plaisir que de faire affaire avec vous, Brother Justin. Et mes amitiés à Sydney. » Jack donna une claque sur l’épaule de Keith. « Prenez bien soin de vous, Miss Kim. Et mes salutations à Veronica. »
  Toujours souriant de leur bonne blague et sans autre mot, les deux hommes se séparèrent.
  Veronica les regarda s’éloigner. Quand ils disparurent, elle rangea son matériel, consciente que, comme son père avait dit, son affaire semblait bien trop grosse pour elle désormais.
Arrivée à la voiture, Backup lui fit une fête d’enfer, mais sa maîtresse ne lui accorda pas beaucoup d’attention, trop occupée à réfléchir sur la conduite a adopté désormais.



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Re: Cross Over

Chapitre 2
Complication

  Jack Bristow était un maître en ce qui concernait la faculté de n’exprimer aucune émotion ou opinion sur son visage. Son mariage, comme son travail, lui avait appris à ne donner à autrui aucune prise sur sa personne. L’information étant le pouvoir, savoir ce que pense son interlocuteur est un avantage ; il avait donc décidé de ne plus rien montrer.
  Dans la blancheur des bureaux de l’APO régnait un certain calme. La plus part des agents étaient sur le terrain, cherchant pistes et indices sur une organisation capable de recruter une centaine de jeunes étudiants et de les transformer en David Lightman.
Néanmoins, Jack savait que la personne sur laquelle il pouvait compter pour l’aider serait ici. « Marshall, j’ai besoin de vous.
- M. Bristow. Euh… C’est que pour l’instant, je suis en train de recalibrer le serveur de l’agence, parce que je me suis aperçu que les valeurs de base ne…
- Marshall !, coupa Jack. Ce nouveau calibrage ne se pas fait manuellement, j’imagine ? Vous pouvez donc laisser vos machines s’occuper de ça et venir avec moi.
- Ben… Euh… » Marshall lança un coup d’œil alentour. Des personnes qu’il côtoyait d’habitude, il ne vit personne pour le soutenir. Avec un petit soupir, il reposa le disque dur qu’il était en train de désosser, se promettant de finir, avant ses 5 ans, l’ordinateur qu’il avait promis à son fils.
  Jack amena Marshall à sa station de travail. « Je voudrais que vous lanciez une recherche sur tout évènement étrange survenu depuis une semaine sur le territoire national.
- De nouvelles idées sur l'enquête des cents ?
- Non, il s’agit d’une requête personnelle.
- Oh ! C’est que je ne suis pas sûr que je sois…
- Marshall, ne m’abaissez pas à vous supplier sur cette affaire ! »
  Le nerd ne répondit rien et Jack l’invita à s’asseoir.
«  Vous savez M. Bristow, ça serait mieux si je le faisais de mon bureau.
- Je ne crois pas. Votre machine n’a pas les codes d’accès nécessaires pour une recherche globale. Et puis, comme c’est privé, il vaut mieux que ce soit mon adresse qui apparaisse, pas vrai ? » Marshall hocha la tête. « Bien, reprit Jack. J’ai encore un service à vous demander, et cette fois ça a un rapport avec les cents. Pas besoin de vous dire qu’il faudra rester discret même si ce que je vais vous montrer risque de perturber votre quotidien. Donc seulement pour moi, on se comprend, Marshall ? » Le technicien, regard perdu, ne put qu’acquiescer. Jack lui donna alors un DVD. « Il contient des données assez dérangeantes. En plus de votre recherche, je veux savoir qui aurait pu faire ce qui est indiqué là-dedans. »
  Marshall prit le DVD, l’inséra dans la machine et commença à pianoter. Jack sembla esquisser un sourire mais se reprit bien vite. Sloane venait de s’apercevoir qu’il était rentré et lui faisait signe de le rejoindre.
« Jack, tout va bien ?
- Quelque chose te ferait penser le contraire, Arvin ? »
  Sloane ne dit rien, joignant ses deux mains devant lui, observant son vis-à-vis. « J’espère que si jamais tu avais un problème, tu m’en parlerais.
- Ai-je l’habitude de te cacher des choses ? »
Au début, rien ne se passa, puis un léger sourire étira les lèvres du chef de l’APO et Jack pouvait voir le regard qui disait : on se connaît trop bien. Le père de Sydney savait qu’il devait lâcher un peu de lest s’il ne voulait pas qu’Arvin le suive de trop près.
«  J’aurais peut-être du nouveau sur les 100. Un informateur extérieur m'a donné de nouveaux indices que je dois explorer.
- C’est pour cela que tu recrutes Marshall ?
- Non. Absolument pas. Mon poste de travail n’est plus aussi performant, j’ai demandé à Marshall d’effectuer un scan de contrôle. Rien de plus.
- Rien de plus ?
- Rien de plus.
- Parfait. Tiens-moi au courant pour toute nouvelle avancée sur les 100. La directrice Chase est en train de me harceler constamment pour notre manque d’efficacité. » Un blanc. « Et je déteste être harcelé. »
  Jack se leva, s’apprêta à franchir la porte puis se ravisa. « Personne n’aime avoir son boss constamment sur le dos. » Il sortit et referma la porte vitrée.

*

  Marshall Flinkman n’avait rien d’un homme pressé ; un nouveau-né à la maison, la nécessité de mentir à sa femme sur son travail actuel avaient plutôt tendance à agir comme calmants sur ses nerfs. Pourtant les rares personnes présentes à l’APO a ce moment précis pouvaient jurer que Marshall Flinkman avait le feu aux fesses vu la vitesse à laquelle il traversa les locaux de la section spéciale de la CIA, avant de se planter devant le poste de travail de Jack Bristow.
  Marshall Flinkman avait par contre l’habitude de ne pas être à l’aise face à l’autorité, d’être plutôt tête en l’air, et surtout d’être un crack en technologies de toute sorte. Il ouvrit l’ordinateur portable qu’il avait avec lui et le tendit à Jack. « Je n’aime pas ça du tout, M. Bristow ! »
  Jack le regarda puis referma le portable. « Pas ici. » Il entraîna Marshall vers une pièce qu’il ferma à clé. Puis il sortit un petit appareil de la taille d’un stylo, tourna ce qui ressemblait au capuchon. « Nous sommes tranquilles pour quelques minutes. » Marshall avait un sourire béat.
« C’est de moi, ça.
- Marshall !
- Pardon. »
  Il indiqua le portable.
« On a un problème.
- Sur ?
- Qui a piraté le site. Ce n’est pas nous.
- Vous êtes certain ? Pourtant les données arrivent bien ici ?
- Cent pour cent sûr. Enfin, ça arrive/part bien d’ici mais techniquement, ce n’est pas nous.
- Marshall ! Faites comme si vous vous adressiez à votre enfant, parce que là, vous me perdez.
- En fait, la personne qui a remonté la piste jusqu’ici a vu juste. Sauf qu’en fait, nous ne somme qu’un simple relai. Une sorte de point de blocage pour toute investigation sérieuse. J’imagine que personne ne chercherait à enquêter sur un des organismes de défense du gouvernement s’il arrivait jusque là.
- Et ? La piste continue ?
- Oui. Ç’a été plus que difficile. La ou les personnes responsables de ce travail étaient de vrais professionnels. Ils ne pouvaient juste pas imaginer tomber sur Marshall J. Flinkman. Non, c’est vrai quoi, ça me rappelle la fois où ma maman m’avait acheté le Rubik’s Cube, je devais avoir neuf ans, et j’ai mis quarante-trois secondes pour…
- Marshall !
- Euh… Oui… Pardon.
- Où cela nous même-t-il ?
- Je ne sais pas. » Avant que Jack puisse faire un seul geste ou dire un seul mot, il lui intima l’ordre, d’un geste plein d’assurance, de ne rien dire. « Je ne sais pas d'où exactement est partie l’attaque, mais j’ai une sacrée piste. Tout est parti, simultanément, de trois endroits différents. »
  Il pianota sur le clavier. « Vous voyez la série de premier chiffres identiques pour les adresses IP ? » Jack hocha la tête. « Bien, reprit Marshall, ça nous indique qu’il s’agit d’ordinateurs de l’armée !
- L’armée ? Notre armée ? Que vient-elle faire dans cette histoire ? »
  Marshall se pencha vers l’ordinateur, ouvrit un dossier et le montra à Jack. « Durant ma première recherche, cela ne m’avait pas frappé, mais ensuite, en ayant connaissance de l’implication de l’armée, cela m’a fait un flash. » Il simula une explosion avec ses mains en lançant un « wouf ».
  Jack commença à lire. « L’université de Princeton à reçu aujourd’hui la visite des membres des forces armées qui ont réquisitionné une partie de notre célèbre hôpital universitaire Princeton Plainsboro. Le Dr Lisa Cuddy n’a pas voulu commenter cette intrusion. Après deux jours, le détachement militaire s’en est reparti comme il était venu. Prouvant une fois de plus le professionnalisme de nos forces armées. »
- Ca date de seulement un jour avant le début des piratages. Cela me paraissait trop gros pour être une coïncidence.
- Beau travail, Marshall.
- Alors, on fait quoi ?
- Vous rien, vous restez ici à occuper Arvin et attendre que je vous contacte. Moi, je vais dans le New Jersey. »
  Incapable de dire quelque chose, Marshall ne put que regarder Jack Bristow s’éloigner. Et puis il finit par se dire que sa place était bien ici et qu’il serait plus à même d’aider Jack – oui, dans sa tête il l’appelait Jack - dans son enquête. C’est confiant et rasséréné qu’il retourna dans son capharnaüm, comptant bien finir le montage du futur ordinateur de son petit Mitch Flinkman.



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Re: Cross Over

Chapitre 3
Ramification

  Le Docteur Lisa Cuddy ne pensait pas être mal à l’aise avec n’importe qui depuis sa rencontre avec Edward Vogler, eh bien elle se trompait. L’homme qu’elle avait devant elle l’intimidait au plus haut point, et pas seulement parce qu’il était de la CIA, non, il y avait autre chose. Le fait que depuis son arrivée il n’avait dit pas plus d’une vingtaine de mots jouait très certainement dans l’attitude du Dr Cuddy à son encontre. C’est donc avec soulagement qu’elle vit arriver la personne que l’agent voulait voir.
«  Agent Bristow, voici le Dr Gregory House. »
  Jack Bristow se leva pour faire face au nouvel arrivant. Les deux hommes se détaillèrent, puis Jack tendit une main. House l’ignora et lança un regard sarcastique vers Cuddy. « Comme un bon chien-chien, j’accours à l’appel de ma maîtresse. J’espère que ce n’est pas pour le clinicat, j’ai traité mon dernier patient il y a deux heures !
- Rassurez-vous, le monde ne s’est pas encore écroulé et n’a donc pas vraiment besoin de vous. L’agent Bristow aurait juste quelques questions à vous poser sur l’incident de la semaine dernière.
- C’est tout ? On me dérange durant la vision de mon soap favori juste pour répondre aux questions d’un fonctionnaire ? Vu comment est dirigé cet hôpital, on aurait sans doute dû laisser Vogler prendre le contrôle ! »
  Il s’appuya sur sa canne, secoua la tête et s’apprêta à ressortir.
«  Ecoutez, l’interpella Bristow, je ne suis là que pour peu de temps, ça ne prendra pas long, faites-moi confiance.
- Vous savez ce qu’on dit sur les docteurs ? Ne leur faites pas confiances. J’imagine que l’on peut dire la même chose d’une personne travaillant pour une organisation aussi secrète. De toute façon vous devez sûrement mentir, tout le monde ment et les espions encore plus que les autres.
- Je suis déçu de cette attitude docteur, j’aurais imaginé un peu plus de conciliation. »
  Cela ne ralentit même pas House qui continua à claudiquer vers les ascenseurs. « Croyez bien, Agent Bristow, que je suis désolé de décevoir l’image du fan qui est en vous, mais j’ai des choses plus importantes à faire que répondre à des questions. Les militaires ont déjà épuisé mon crédit de patience.
- Je suis moi-même d’un naturel impatient. » House s’arrêta enfin.
« Seraient-ce des menaces ?
- Pas spécialement, d’habitude je ne menace pas, je me contente d’agir. Quelques coup par-ci, quelques piqûres par-là, et j’arrive généralement à mes fins. »
  House fit semblant de trembler. « Brrr, je suis terrifié.
- Vous êtes un drôle de docteur.
- Vous, un drôle d’espion.
- On m’a qualifié de beaucoup de choses, Dr House,  mais encore jamais de drôle.
- Eh bien, il faut toujours une première fois, et comme vous le constatez ce n’est pas toujours douloureux ! Revenez dans une demi-heure, je serai plus disposé à parler. »
  Il entra dans l’ascenseur et, d’un geste de la main, envoya balader Jack.
  Pendant que l’ascenseur montait vers son étage, House se perdit dans ses pensées. Les gens du gouvernement étaient quand même bien bizarres. Qui avait bien pu leur mettre dans l’idée que le docteur Gregory House serait capable de répondre comme un bon toutou à leur appel ? C’était à se demander si quelqu’un lisait les profils psy que devait faire le gouvernement.
  L’ouverture des portes le tira de ses pensées. Il se dirigea vers son bureau, pressé de continuer le visionnage de l’épisode entamé, quand arrivant à son bureau, il fut surpris d’y trouver une adolescente qui fouillait ses affaires. Avant d’entrer, il frappa la porte vitrée de sa canne, puis l’ouvrit.
« Excusez-moi, jeune dame, mais puis-je savoir ce que vous faites ?
- Ce n’est pas ce que vous croyez ?
- Je ne crois rien, je me contente d’observer. Et ce que je vois me conforte dans l’idée d’une voleuse.
- Je suis juste à la recherche d’information sur un de vos patients. »
  House lâcha un petit ricanement. «  Pas mal, pas mal. Pendant que Hulk me retenait en bas, Mrs Pym fouillait ici.
- Je n’ai rien à voir avec elle ! »
  House se retourna, regardant étonné Jack Bristow entrant dans son bureau.
« Dans la phrase : revenez dans une demi heure, quel mot n’avez-vous pas compris ?
- Tous, manifestement. » L’agent de l’APO indiqua la petite blonde qui lui faisait face. « Et je ne sais pas qui est cette jeune personne.
- Je m’appelle Veronica Mars. » Elle lança un regard vers Jack. « La fille de Keith.
- Bien, reprit House. Puisque manifestement les présentations son faites, plus personne n’a besoin de se retrouver dans mon bureau. Veuillez sortir tous les deux. J’ai été ravi de faire votre connaissance. »
  Jack secoua la tête négativement. « Je ne crois pas, Dr House. Je n’ai pas fait la traversée du pays pour repartir les mains vides. Je veux savoir ce que voulaient les militaires !
- Moi aussi, souffla Veronica.
- Tiens donc, comme c’est original de votre part ? »
  House s’assit derrière son bureau. De sa canne, il le nettoya en balançant les dossiers éparpillés dans un des tiroirs.
« Donc, si j’ai bien compris, je vous raconte tout et vous disparaissez ? » Une esquisse de sourire étira les lèvres de Jack. « Je crois que nous avons un deal, Docteur.
- On m’a demandé de faire un diagnostic. Je l’ai fait. Ensuite, ce n’est plus de mon ressort quand on me dit qu’il faut isoler l’agent responsable de ce bordel.
- Quel bordel ?, demanda Veronica.
- Notre ami en vert avait de sérieux problèmes. Quelque chose de jamais vu. Ces idiots de militaires ont alors décidé de gâcher deux jours de ma vie… Ou était-ce plutôt de m’amuser durant ces deux jours ; je ne sais plus très bien. Bref, il suffisait juste d’utiliser le rasoir d’Occam pour avoir la réponse à leur petit problème.
- Qui était ?
- Une fois que j’avais épuisé toute mes théories, la solution la plus simple était la meilleure.  Ces idiots de militaires n’étaient pas sûr que ce soit un nouveau virus, et pourtant c’était le cas, tout simplement.
- Que s’est-il passé ensuite ?
- Rien. J’ai envoyé tout ce petit monde au NORBAC, j’y ai une connaissance qui gère très bien ce genre de petit parasite que sont les virus. Il devrait vous plaire, c’est aussi un drôle de docteur.
- Rien d’autre ?
- Rien d’autre, Agent Bristow.
- Il y avait des signes sur les uniformes de ces soldats ? Quelque chose qui me permette de les identifier ?
- Mmmh, oui, un logo assez ridicule. Une sorte de triangle ou de lettre alpha dans un cercle avec des symboles obscurs.
- Parfait ! »
  Bristow attrapa Veronica par la main et la traîna dehors. « Cette fois on vous laisse, Docteur. Amusez-vous bien. »
  House ne répondit rien, s’installant convenablement dans son fauteuil, puis alluma sa petite télé.

*

  Caroline Morrison, directrice du NORBAC, regarda une nouvelle fois sa montre. Douze minutes depuis que les persiennes du bureau de David s’étaient fermées, l’isolant du reste du bâtiment. Connaissant son homme, elle était certaine que la bouteille de champagne avait été ouverte, remplissant plusieurs fois les verres. Les gloussements de la nouvelle assistante de Mayko, confirmèrent ses pensées.
  Elle lui donna encore quatre minutes, le temps qu’il commence à retirer la chemise de la jeune femme, puis à vraiment s’exciter et ensuite, elle ruinerait sa journée, comme son attitude ruinait la sienne depuis déjà trois jours. Caroline était dépitée par l’attitude de David ; elle ne comprenait pas comment un esprit aussi brillant pouvait se perdre dans des futilités ou des jeux sexuels.
  Les gloussements étaient remplacés depuis quelques instants par des soupirs. Il était temps pour Caroline de se faire justice et de filer par là même un petit coup de pouce à son génie. « David Sandström ! Il est temps d’aller travailler ! » Et avec son passe, elle ouvrit la porte en verre. La stagiaire se permit un petit couinement de terreur en voyant entrer sa patronne, avant de remettre précipitamment son chemisier en s’enfuyant rouge de honte. David soupira de dépit et s’envoya une rasade de champagne au goulot. « Franchement Caroline, c’est plutôt petit comme entrée. Je m’attendais à mieux.
- Je me suis surtout dit que c’était la seule suffisante pour te bouger. Ça ne fait jamais de mal de rappeler tout le travail que l’on doit effectuer, et pour cela on a besoin du génial mais égocentriquement, complètement barré David Sandström !
- C’est trop d’honneur, Votre Seigneurie.
- Bref. On peut t’avoir en bas pour bosser sur le cas lié au virus de Marburg ?
- C’est sûrement moins intéressant que l’assistante de Mayko, mais oui, on peut.
- Parfait. Je dis aux autres de se tenir prêts. »
  Il la salua en levant la bouteille de champagne.
  En arrivant à son bureau, elle vit Wes se précipiter vers elle. « Je suis en train de faire patienter un agent de la CIA au téléphone, mais ce n’est pas vraiment de mon ressort. Manifestement, il y a eu un problème avec les militaires. »
  A peine avait-elle porté le combiné à son oreille qu’un sourire étira ses lèvres. « Jack Bristow, ça fait une éternité. Que me vaut donc l’honneur ? »

  La voiture garée sur le bas côté, Jack colla confortablement le combiné contre son oreille et commença à lui raconter son histoire. De temps en temps, il jetait un coup d’œil sur Veronica qui l’écoutait distraitement.

  Caroline acquiesça plusieurs fois, prêtant attention à ce que lui racontait Jack. Néanmoins, une fois qu’il eut fini de parler, elle comprit qu’elle ne pourrait accéder a sa demande.  « Jack, je suis désolée, mais je ne crois pas que ton accès CIA suffise pour un dossier Weapon-X, parce que c’est ce que les militaires ont pointé juste sous mon nez pour me tenir calme pendant qu’ils réquisitionnaient mon labo. J’avais les mains liées, impossible de faire quoi que soit… Et c’est toujours le cas. »
  En bas, Caroline pouvait voir David en train de discuter avec Nestor et Mayko. En voilà un au moins qu’elle avait pu aider.
«  Je suis désolée, Jack, mais cette fois, je ne pourrai assurer tes arrières. »

  Jack plissa le front de dépit. « Je comprends. Encore merci. » Et referma son téléphone portable.
  Il jeta un coup d’œil à Veronica. « Dead end. J’appelle ton père et je te ramène.
- Non ! Je peux aider ! »
  Un sourire faillit barrer le visage de Jack mais sa façade impénétrable resta de marbre. « Je me demande bien comment ? »
  Veronica indiqua le téléphone. «  Il est sécurisé, j’imagine ?
- Oui.
- Passez-le-moi, s’il vous plaît. »
  Intrigué, Jack lui donna le téléphone. Elle n’hésita pas sur le numéro à composer.
« Fox ? C’est Veronica… Oui je vais bien, Papa aussi… Je lui dirai, ça lui fera plaisir… Ecoute, j’ai un problème et j’ai besoin des dossiers des Lone Gunmen. Tu les as encore… ? Génial ! Cela concerne une section de l’armée protégée par un code Weapon-X, dont le logo ressemblerait à un triangle. »
  Il y eut un blanc plus long que les autres, pendant lequel Veronica essaya de rassurer Jack sur ce qu’elle faisait par des mimiques censées représenter la confiance.
« Oui ? Génial, merci ! »
  Elle raccrocha en prenant soin d’effacer le dernier numéro composé de la mémoire. Ensuite, elle indiqua son ordinateur à Jack. « Je vais avoir besoin de me connecter pour récupérer les infos. Mais cela veut dire, pas d’appel à mon père ! »
  Pendant une bonne minute, Jack pesa le pour et le contre. Finalement il récupéra son portable et démarra la voiture sans ajouter un seul mot.



4

Re: Cross Over

Chapitre 4
Where some men has gone before

  Le premier check-point fut passé assez facilement, l’insigne de la CIA faisant tout le travail. Le second check-point fut lui plus difficile à passer. Il fallut que Jack argumente et fasse jouer quelques relations pour avoir un rendez-vous avec le brigadier général Jack O’Neal. Là ou ça coinça définitivement, ce fut lorsqu’avant de rentrer dans l’ascenseur qui menait au cœur de Cheyenne Mountain, les gardes et leurs chiens découvrirent Veronica.

*

  Veronica n’avait pas spécialement d’attrait pour les coffres de voiture. Son expérience lui disait que généralement, quand on finissait dans un des coffres susdits, cela annonçait le plus souvent tout un tas de catastrophes. Néanmoins, ce fut elle qui convainquit Jack de la coincer dans le large coffre de la Ford de location, parce qu’il n’y avait que là qu’elle pouvait passer inaperçu vu l’endroit où ils devaient se rendre. Les infos téléchargées sur le FTP de Fox indiquaient un projet nommé Stargate, censé permettre à l’humanité de voyager à travers les étoiles au moyen d’un système de porte reliant différents mondes, le tout situé à Cheyenne Mountain dans le bunker souterrain qui servait aussi de siège au NORAD. Les Lone Gunmen avaient donné la probabilité de véracité de leurs infos à environ 80%, ce qui compte tenu du talent des gars, était plutôt bon. Et même si Jack Bristow semblait dubitatif, c’était la seule piste possible ; les deux avaient décidé d’aller jeter un coup d’œil.

*

  La réaction des gardes avait été immédiate. Jack n’offrant aucune résistance, pistolet braqué contre sa tempe, suivi d’une fouille immédiate. Ses papiers comme son arme disparurent promptement. Et c’est cette fois sans ménagement qu’il fut emmené dans une salle d’interrogatoire.
  Ce n’était pas vraiment le plan qu’il avait prévu. Mais Jack Bristow était un agent chevronné qui savait s’adapter. Et puis, il devait se l’avouer, la situation commençait à l’amuser. C’était quand même plus marrant d’être capturé par des militaires que de chercher des artefacts d’un génie mort il y a plus de cinq siècles.

*

  Elle comprit aux aboiements que sa petite cavalcade aller se terminer. La lumière des torches en plein visage et la rudesse des gestes qui la tirèrent du coffre n’annonçait rien de bon. Un des militaires lui arracha son sac pendant qu’un autre la fouillait sans ménagement. Près des ascenseurs, elle pouvait voir que Jack subissait le même traitement avant d’être poussé dans la cabine quand elle arriva. N’ayant rien trouvé à l’exception de l’ordinateur portable dont elle ne se séparait jamais, ils la poussèrent vers les ascenseurs où la descente sembla durer une éternité. Finalement, elle fut jetée dans une cellule sans fenêtre où se trouvaient juste un lit, une armoire, et un WC métallique plutôt propre.

*

  Durant dix bonnes minutes, du moins c’était ce que Jack avait imaginé, il était resté seul dans la pièce. Une cellule d’interrogation classique. Une table, deux chaises, un miroir sur une des faces du cube que formait la pièce, et une caméra de surveillance dans un des angles.
  Finalement un homme entra, lieutenant au vu de son grade. Il posa un dossier sur la table et s’assit en face de Jack, puis commença à parcourir les différents feuillets.
« Pas mal. Je suis assez impressionné par ce que je viens de lire, néanmoins… » Il laissa volontairement sa phrase en suspens, pendant qu’il refermait le dossier. « … Je me demande vraiment ce que vous foutez ici. »
  Bien sûr, la question n’appelait pas forcément de réponse et Jack n’en donna aucune, restant silencieux, se contentant d’observer le militaire qui venait de se lever, arpentant la pièce.

*

  Le premier réflexe de Veronica fut d’inspecter avec attention la pièce ou elle se trouvait et principalement la porte.
  Pas de poignée ni de serrure apparente, ce qui voulait donc dire : serrure électromagnétique. Considérant l’armée comme l’ultime administration, Veronica savait (merci Papa d’avoir enquêté sur des malversations liées à celle-ci) que sur les dix dernières années, seules deux entreprises avaient emporté les appels d’offre pour ce type d’article. Ce qui voulait donc dire que la serrure était soit une Burgess Engineering Electronics, soit une Kenwood.   
  Connaissant les pratiques parfois douteuses de Clay Burgess, elle était certaine que celui-ci avait dû empocher le marché. Restait juste à le vérifier. Si la doc de son père était correcte (merci Papa de toujours se documenter sur tout type de serrure et de coffre-fort), les Burgess étaient construites sur le même modèle pour permettre les réparations plus facilement, et donc il devrait y avoir une boite de dérivation dans l’angle de la cellule. Elle bougea le lit, là ou devait se trouver la boîte, et commença à taper sur le mur. Bien vite, un son différent amena un sourire sur son visage.

*

  Le lieutenant s’énervait de plus en plus.
  C’était une petite victoire pour Jack.
  Il n’avait certes pas trop l’habitude de se trouver de ce côté-ci de l’interrogatoire, mais au moins il savait comment gérer ce petit intermède. L’agent de l’APO voyait à l’attitude du militaire que celui-ci allait faire une erreur ; ne resterait plus qu’à s’engouffrer dans la brèche.
  Le lieutenant le pointa alors du doigt. « Qu’est-ce que vous croyez, Agent Bristow ? La CIA n’a rien à faire ici, vous n’avez pas à fourrer votre nez dans les affaires internes du pays. Alors mon vieux, restez donc à foutre le boxon ailleurs dans le monde, et laissez-nous gérer le territoire national à notre manière. » Pour la première fois de la journée, Jack se permit un petit sourire. « La CIA fout peut-être le bordel dans le monde, mais au moins on ne simule pas une attaque terroriste de grande ampleur pour cacher une de nos erreurs. Je me demande donc ce que pensera le Secrétaire à la Défense quand il sera au courant. » Il fit une pose puis ajouta. « Et je ne suis pas vieux ! »
  Son interrogateur réussit à garder son calme, mais lança deux rapides coups d’œil à la caméra, avant de finalement sortir.
  Au bout de quelques minutes, il fut remplacé par un homme entre deux âges, cheveux grisonnants. « Bonjour, je suis le général O’Neal. Je crois que nous devrions parler. »

*

  On l’avait fouillé, on lui avait confisqué pas mal de ses effets, mais son sac lui avait été rendu. Et une Veronica Mars avec son sac faisait passer Harlan Judd et ses boys pour des amateurs. Ayant repéré l’endroit ou devait se trouver la boite de dérivation, elle imbiba son t-shirt avec l’eau des WC pour tenter de ramollir l’enduit de plâtre qui la recouvrait. Il fut nécessaire de faire pas mal de voyages entre les WC et le mur mais au bout du compte, quand elle commença à racler avec le couvercle de la petite boîte métallique qui lui servait à conserver son matériel de manucure, le travail en fut facilité.
L’ouverture de la boite proprement dite fut plus délicate. Elle dut écarter jusqu'à la rendre horizontale les deux branches d’une pince à épiler pour se faire l’équivalent d’un tournevis. Seulement, les vis et le bout de la pince ne correspondaient pas vraiment. Autant dire que le travail fut long et laborieux.

*

Le général et l’espion s’observaient sans rien dire. Jack ne voulait pas changer la technique qui l’avait si bien servi jusqu'à présent. O’Neal s’installa confortablement sur sa chaise, les pieds sur la table. « Vous savez, on pourra rester une éternité comme ça. »
Jack se permit un sourire.
«  J’en doute. La disparition d’un membre de l’agence ne serait pas bon sur votre dossier, quel que soit le secret qui se cache ici. »
Ce fut au tour de l’autre Jack de rire.
« Je doute que l’agence soit au courant. Ou même recrute des adolescentes comme votre amie que nous avons trouvée dans votre voiture. J’en déduis donc que nous avons l’éternité. »
Bristow soupira.
« Très bien. Je sais, donc l’agence finira par le savoir, croyez-moi, que l’enquête sur ce que nous appelons les Cents et qui monopolise les différents services secrets de ce pays, a sa source ici. Je sais aussi, donc l’agence finira par le savoir à moins que je décide de garder tout ça pour moi, qu’un militaire issu de cette base à contracté un virus inconnu, et vu ce que je sais sur le projet Stargate, sûrement pas sur cette planète.
- Wow ! De la SF maintenant. J’adore les films, tous ces pfiouiou, shhhs, pfiouiou, blam !
- Je vous conseille de regarder le portable que vous avez trouvé, les preuves sont plutôt accablantes.
- Et quand bien même ? Le gouvernement serait au courant de tout cette soi-disant opération Stargate, que pourriez-vous bien faire ?
- Alerter les autorités compétentes que vous avez merdé grave sur une de vos missions et que vous avez monté une opération de diversion pour tenter de comprendre ce qui arrivait à un de vos hommes quand tous les services compétents de l’armée que vous connaissiez ne pouvaient répondre à votre interrogation. »
Il y eut un long blanc, où Jack observa Jack.
«  La CIA a donc réussi à remonter jusqu’ici, pas mal.
- Euh… Si je puis me permettre, il s’agit surtout d’une jeune fille de quinze ans qui a fait le plus dur du travail. »
Le général O’Neal lui fit signe de se taire. Il se pencha vers l’interphone. « Caporal, allez me chercher le Sergent Chef Harriman, s’il vous plaît. » Il se tourna de nouveau vers Jack, tout sourire. «  Ça ne sera pas long. »
Quelques minutes plus tard, un homme entre deux âges, cheveux poivre et sel, lunette, entra dans la pièce.
« Sergent-chef Harriman au rapport, Général.
- Repos, Sergent. Dites-moi, quand vous m’avez dit il y a quelques temps que vous ne connaissiez pas grand-monde capable de remonter les piratages jusqu'à nous, cela incluait-il une jeune fille de 15 ans ? »
  Harriman, confus, ne sut quoi répondre.
« La prochaine fois, reprit O’Neal, soyez sûr que personne ne puisse fouiller dans nos affaires. Et surtout pas une gamine.
- Je suis confondu, mon général.
- C’est rien, je suis certain que pour notre prochaine opération de déstabilisation du gouvernement, vous ferez mieux. Rompez ! »
  Une fois Harriman sorti, O’Neal se concentra de nouveau sur Bristow. « Une gamine, hein ? » L’agent de la CIA opina. O’Neal secoua la tête. « Je hais les jeunes. »

*

  La dernière vis finit par tomber à terre. Triomphante, Veronica ouvrit la boite de raccordement et resta interdite. Pas de fils, pas de raccord, rien qui puisse l’aider à sortir de cette pièce. Avant même que la jeune fille puisse crier sa frustration, la lumière s’éteignit, une alarme retentit et la porte se déverrouilla.
  Sans chercher à comprendre d'où cela pouvait venir, Veronica passa la tête par la porte entrouverte.
  Les lumières du couloir étaient éteintes et seules les lumières rouges d'alerte donnaient une lumière fantomatique. Personne, pas un bruit. Sans trop réfléchir, elle récupéra son sac et sortit de la cellule. Elle avança doucement dans le couloir. Veronica ne savait pas où elle allait, mais n'importe où semblait mieux que la cellule. Arrivée à une intersection, elle remarqua les deux corps allongés par terre. Elle se précipita, en s'agenouillant, vers eux, mais ses craintes ne furent pas confirmées : les deux soldats avaient juste perdu connaissance. Avant même qu'elle ne se pose la question de savoir qui avait pu les mettre hors de combat, elle sentit un anneau de métal froid se poser sur sa nuque. Elle se glaça de suite.
« Chut. » souffla une voix masculine fiévreuse. « Pas un bruit. Lève-toi. »
  Veronica obtempéra, et puis soudain elle eut des flashs. Un coffre. Des flammes. Et ses jambes ne la portèrent plus.
  Une poigne forte la maintint debout. La douleur ressentie la ramena dans le présent.
« Avance! »
  En grimaçant, elle commença à marcher. L'homme la dirigea quelques temps dans les dédales des couloirs avant de rencontrer une patrouille. Les M16 se braquèrent sur eux. L'homme derrière elle toussa pour s'éclaircir la voix et intima l'ordre aux gardes de ne pas faire de bêtise.
  Veronica pria pour qu'aucun des soldats n'ait la gâchette facile.
  Un des hommes porta sa main à son oreille, puis ordonna à ses collègues de baisser leurs armes et ils s'écartèrent de la porte. Quand celle-ci s'ouvrit, l'homme et son otage pénétrèrent dans un immense hangar ou se tenait un anneau gigantesque. Face à lui, ce qui ressemblait à poste de lancement de fusée.
  Veronica regarda distraitement où elle se trouvait. Par contre, la présence de Jack Bristow accompagné d'un général qui se tenait devant eux attira de suite son regard. Elle ne sut vaguement pourquoi, mais la présence de Jack la rassura.
  En soufflant difficilement, l'homme s'adressa au général.
« Ouvrez la porte, Général. Vous savez bien que je dois y retourner.
- Cela est hors de question, Lieutenant. Encore plus avec un otage en votre possession.
- C'est justement parce que j'ai un otage que vous allez l'ouvrir. Je n'ai pas grand-chose à perdre et vous le savez bien. »
  O’Neal retint Jack qui venait de frémir.
« Harriman, ouvrez la porte sur PJH138784 »
  Dans le silence oppressant du hangar, on pouvait entendre la voix d'Harriman égrener les enclenchements des chevrons et le claquement de ceux-ci sur la porte. Et puis finalement, la vague bleu jaillit de la porte.
  L'homme commença à se traîner vers la surface liquide qui ondulait paisiblement.
« Lieutenant, ne faites pas de bêtise, laissez-nous la fille maintenant.
- Non, pas maintenant. »
  Veronica vit les armes se braquer de nouveau vers eux.
« Ne faites pas l'idiot Lieutenant, cela n'en vaut pas la... »
  Harriman coupa O’Neal.
« Général, on a un problème.
- Je suis dessus, Harriman ! Ça ne se voit pas ?
- Pas avec Kurtz, mon général, mais avec le Vortex. Il y a des fluctuations électromagnétiques inquiétantes, je ne suis pas sûr qu'un transport soit à envisager. »
  O’Neal baissa la tête, accablé.
« Pourquoi ce n'est jamais simple. »
  Il regarda de nouveau vers le couple improvisé qui se traînait sur la rampe d'accès de la porte et qui était prêt à la franchir.
« Kurtz, vous avez entendu, le passage n'est pas sûr. Relâchez la fille et on organisera un autre voyage vers PJH138784. Je vous le promets. »
  L'homme secoua la tête.
« Non. Si j'attends, je vais crever. Je suis désolé, Général.
- Moi aussi Kurtz, moi aussi. »
  Il leva un doigt et une détonation se fit entendre.
  Veronica entendit le sifflement de la balle strier ses oreilles, et soudain le bras qui la retenait se fit plus lâche. Malheureusement, le corps de son ravisseur partit en arrière et l'entraîna, bien malgré elle, au travers de la porte. Avant se sentir aspirée, elle eut juste le temps d'entendre le cri de dépit de Jack.



5

Re: Cross Over

Chapitre 5
Un coin de Paradis

  Une sensation de chute.
  Puis le contact dur avec de l'eau.
  Son cri se perdit dans les bulles d'air. Si la peur ne la submergeait pas, elle aurait pu trouver le son de sa voix assourdie plein d'humour. Sa plongée ne fut pas longue et elle toucha rapidement le fond. D'un coup de talon, elle se propulsa vers la surface. En crevant celle-ci, elle aspira goulûment un bol d'air salvateur.
  La mer était chaude et Veronica pouvait voir qu'elle se trouvait à moins de cent mettre d'une plage de sable fin. Après s'être calmée, elle commença à nager.
  Le soleil l'avait rapidement séchée. Pendant quelques minutes, elle n'avait pas su quoi faire, puis son esprit d'initiative l'avait poussée à explorer l'endroit où elle se trouvait. Veronica avait décidé de suivre la côte vers l'est. Pendant des heures, le même spectacle imperturbable d'un coin de paradis pour pub d'agence de voyages.
  Sable fin, mer bleu, soleil accueillant.
  Épuisée, elle avait accueilli la nuit avec soulagement. Surtout que la bouteille d'eau minérale qui se trouvait toujours dans son sac commençait à se vider dangereusement; demain, il faudrait chercher rapidement une source d'eau si elle voulait continuer à jouer à Veronica Crusoë.
  Un hurlement terrifiant la réveilla en sursaut. D'un geste, elle s'empara de ses affaires et regarda l'orée de la forêt, inquiète.
  Le calme était revenu. Puis, le bruit semblant sortir de la gorge d'un monstre gigantesque retentit encore, la paralysant complètement. Elle remarqua à peine le feuillage qui s'agitait face à elle et quand l'homme qui en surgit la percuta, elle ne put que hurler de surprise.
« Veronica ?
- Jack ? Qu'est-ce que...
- Pas le temps. »
  Il lui attrapa la main et se remit à courir comme un dératé.
  Au bout d'une demi-heure, complètement épuisés, les deux s'effondrèrent sur le sable. Aucun bruit ne vint les troubler, aucun hurlement. Rassérénés, ils s'endormirent immédiatement.
  Les premiers rayons du soleil réveillèrent Veronica.
  Jack n'était plus à ses côtés. Affolée, elle scruta toutes les directions, pour finalement le voir arriver avec la bouteille d'eau pleine.
« J'ai trouvé une source et j'ai pensé que tu aurais soif après toutes ces aventures. »
Elle le regarda en souriant.
« Bonjour. Et merci.
- Pas de quoi. »
  Après s'être désaltérée, elle lui rendit la bouteille.
« Comment ?
- Simplement. Pendant que Kurtz et O’Neal argumentaient, je me suis discrètement rapproché. Quand ils ont tiré sur lui et que tu as basculé dans le... euh... machin quoi, j'ai réussi à bondir et à agripper ton pied. Puis je suis arrivé ici, à cinq ou six mètres de haut. Heureusement, les branches touffues ont freiné ma chute et je m'en suis sorti avec quelques contusions. Après, j'ai commencé à marcher, complètement désorienté, quand je suis tombé sur le hurlement qui a commencé à me pourchasser. Impossible de voir ce que c'était dans le noir, mais franchement, je n'ai pas vraiment non plus cherché à le savoir. Et toi ?
- Chute, mer, plage, toi. »
  Il hocha la tête et Veronica put presque discerner un sourire. Une impression fugitive qui disparut rapidement.
« Je ne sais pas où on est, mais on devrait continuer à longer la plage, on finira bien par trouver de la civilisation. » Veronica agita la bouteille d'eau, vide, qu'elle venait de finir. « Mais avant, on refait un max de plein d'eau. »

*

  La journée était bien entamée quand un quelque chose qui tranchait avec le reste de la nature accrocha leur regard. En courant, pour se rapprocher, Jack s'aperçut qu'il s'agissait d'un câble qui sortait de la forêt et plongeait dans l'océan.
  Veronica le regarda.
« C'est une bonne nouvelle, non ?
- Je ne sais pas. En tout cas, c'est la première trace de civilisation que l'on trouve. Reste à savoir où l'on va ? » Il indiqua la mer, puis la forêt. « Je te laisse le choix.
- Un peu d'ombre nous fera du bien. »
  Sans hésiter, ils s’enfoncèrent dans la jungle.
  La piste était facile à suivre mais la nuit les força à interrompre leur périple. Jack réussit à trouver du bois suffisamment sec pour faire un feu.
  Le maigre cercle de lumière était rassurant, mais Veronica eut du mal à trouver le sommeil. A chaque fois qu'elle fermait les yeux, il lui semblait que le hurlement monstrueux allait retentir. Elle finit quand même par s'endormir.
  Jack avait lui aussi eu du mal à dormir. Ce n'est qu'après avoir vu la fille de Keith Mars fermer les yeux et avoir une respiration calme qu'il s'était détendu et laissé couler dans le sommeil.
  Il faisait toujours nuit et le feu était presque éteint. Les chuchotements l'avaient réveillé, mais son ombre qui se projetait devant lui, vers le feu, le tira complètement du sommeil. Il se retourna doucement pour voir un homme, torche à la main, le crâne rasé, vêtements froissés, qui l'observait.
  Sans dire un mot, il s'approcha du brasier et y plongea sa torche, le feu repartit.
  Les chuchotements cessèrent.
  L'homme le regarda de nouveau. « Vous pouvez lâcher votre bâton, je ne suis pas là pour vous faire du mal.
- Comment savez-vous que je tiens quelque chose ?
- L'île me l'a dit.
- L'île ? Vraiment ? »
  L'homme ne répondit rien, ayant juste un sourire énigmatique barrant son visage. « Vous semblez perdus ? »
  A ce moment Veronica se réveilla. Jack lui fit signe de ne pas s'inquiéter. L'homme reprit.
« Je m'appelle Locke, John Locke.
- Enchanté, M. Locke. Même si cette rencontre et plus qu'étrange. »
Cette fois John éclata de rire.
« Tout est étrange ici, je ne crois pas dépareiller de l'endroit. »
  Pendant quelques secondes le silence revint, juste brisé par le grésillement du bois qui brûlait. Jack lâcha son bâton et s'assit pour faire face à Locke.
« Dites-moi, vous pouvez m'indiquer la direction pour rejoindre une ville ou un village ?
- On ne va nulle part, on revient toujours à son origine. »
  Veronica regarda Jack en faisant le signe que Locke était dingue. Le silence qui avait suivi la sentence de Locke ne dura pas très longtemps.
« Il n'y a ni ville, ni village sur l'île, désolé.
- Mmmh... Savez-vous alors où je pourrais quand même trouver un téléphone ou un moyen d'entrer en contact avec l'extérieur pour partir d'ici ?
- Je vous l'ai déjà dit, on ne va nulle part, on revient toujours à son origine. Je suis entré et je suis revenu. Ça n'a pas de fin. » Veronica intervint. « Qu'est-ce qui n'a pas de fin ?
- La trappe. La trappe n'a pas de fin.
- Cette trappe, coupa Jack, on peut y aller ? » Locke haussa les épaules. « A quoi bon ? Tous ces efforts pour rien. Je suis sûr que je l'ai déçue. »
  Jack frappa dans ses mains. « Locke ! John, vous pouvez nous y amener ? »
  John se releva après avoir repris sa torche.
« Si vous voulez. Suivez-moi. »
  Rapidement, Veronica et Jack prirent leurs affaires et suivirent John qui s'était enfoncé dans le noir de la jungle sans leur jeter un coup d'œil. La lumière de la torche, comme un phare, les guidèrent pour rejoindre Locke rapidement.
  En silence, les trois compagnons traçaient leur sillage au travers de la jungle. Malgré la nuit et la végétation, Locke savait exactement où aller. Quand finalement l'aube arriva, il s'arrêta dans une petite clairière où se trouvaient un étrange objet.
  Jack pouvait voir que des explosifs avaient été utilisés pour ouvrir la trappe. Locke indiqua la trappe.
« Il y a une corde. Arrivés en bas, suivez le couloir.
- Il mène où ?
- Au début. »
  Et sans en dire plus, il se retourna et disparut dans la jungle. Jack et Veronica n'hésitèrent pas longtemps. Bristow fut le premier à descendre. Quant il fut certain que rien ne craignait, il fit signe à Veronica de descendre.
  Le couloir était bétonné. On voyait des gaines électriques qui couraient le long du mur, alimentant quelques lampes, dont certaines étaient cassées. Mais le couloir ne semblait pas avoir de fin.
«  Alors ? demanda Veronica.
- On n’est pas descendus pour rien, avançons. »
  Prudemment, ils se mirent en marche. Moins d'une demi-heure après, une lumière éblouissante sembla indiquer la fin du tunnel, et même si la distance semblait importante, leurs pas se firent plus rapides. Plus ils approchaient, plus un bourdonnement se faisait entendre. Mais, pressés de sortir du tunnel, ils n’en faisaient pas vraiment cas, d'ailleurs les derniers mètres furent faits en courant.
  Le bourdonnement était tellement fort qu'une chaire de poule s'empara de Veronica, finalement quand elle sortit du couloir, la lumière sembla l'envelopper et rien d'autre ne compta bientôt plus.

*

  Juin tirait à sa fin, le soleil de Californie tapait fort et les élèves encore présents préféraient errer à l’ombre des couloirs de Neptune High plutôt qu’affronter la chaleur déjà torride. Veronica ne faisait pas exception, la lumière étant vraiment trop forte...

FIN



6

Re: Cross Over

Very nice !
Et en plus tu es devin si tu l'as écrite en 2005, puisque House a effectivement été embauché parla la CIA en saison 4. Trop fort, ce Joma...

Et mine de rien, à part peut-être Stargate, toutes ces séries pourraient très bien s'emboîter en vrai et ton histoire tient bien la route, donc je dis chapeau.
(et j'aime beaucoup le "c'est de moi ça" de Marshall :mrgreen:)

Et comment ça, Veronica appelle Mulder "Fox" ? Tu sais que ça prête à interprétation, ça. lol

Tu me pardonneras j'en suis sûre, je me permets de corriger les fautes d'ortho, ça me faisait trop mal aux noenoeils... :oops:

Nath

Say hello to Mummy Bear.


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Re: Cross Over

Nathbot a écrit:

Et en plus tu es devin si tu l'as écrite en 2005, puisque House a effectivement été embauché parla la CIA en saison 4. Trop fort, ce Joma...

J'aurais bien voulu l'écrire en 2005 cette foutu histoire. :mrgreen:
Pour être précis, le synopsis et les deux premiers chapitre en 2005. La chapitre 3 sur l'année 2006, le chapitre 4 sur les années 2007-2008, le chapitre 5 ce mois-ci (vive la grève) lol

Nathbot a écrit:

Et mine de rien, à part peut-être Stargate, toutes ces séries pourraient très bien s'emboîter en vrai et ton histoire tient bien la route, donc je dis chapeau.

Merci.
Bon je suis pas trop fier d'avoir utilisé Stargate, mais j'ai toujours pas trouvé de série pour arrivé sur Lost. :evil::mrgreen:
Faute de grives on mange des merles.:lol:

Nathbot a écrit:

(et j'aime beaucoup le "c'est de moi ça" de Marshall :mrgreen:)

Content que ça plaise, et encore merci.
Moi, je ne sais pas trop pourquoi je suis super content de mon passage House, mais c'est juste pour le jeter des fleurs.:mrgreen:

Nathbot a écrit:

Et comment ça, Veronica appelle Mulder "Fox" ? Tu sais que ça prête à interprétation, ça. lol

C'est juste que... Hmmmm ça peut donner une idée de spin-off pour expliquer les relations entre les Mulder et les Mars tient.:mrgreen::mrgreen:

Nathbot a écrit:

Tu me pardonneras j'en suis sûre, je me permets de corriger les fautes d'ortho, ça me faisait trop mal aux noenoeils... :oops:

Tu rigoles, j'espérais presque que tu le fasse. wink big_smile

Modifié pour la dernière fois par joma (13-06-2008 02:02:44)