Sujet: Cross Over
Un peu d'histoire sur cette histoire.
Quand on est membre d'un site qui parle de séries télés, l'été est toujours morne. Et l'été 2005 ne semblait pas faire exception à la règle. Dans un moment de lucidité alcoolisé, je m'étais dit que ça serait marrant de faire une fanfic qui mélangerait plusieurs protagonistes de plusieurs séries et de la proposer sur EDUSA à la manière d'un feuilleton d'été.
Un synopsis vite fait et me voilà qui écris les deux premier chapitres rapidement. Sauf que comme à mon habitude, au bout de deux ou trois semaines mon intérêt baisse et arrive proche du néant. Tant pis pour le feuilleton sur EDUSA, de toute façon pas sûr que Ju notre GRC (gentil rédacteur en chef) aurait accepté.
Depuis cette histoire traînait sur mon DD, ne soyez donc pas étonnés si ça ne correspond pas aux suites des séries qui sont décrites, 2005 c'est loin quand même. ![]()
Chapitre 1
Trojan Horse
Juin tirait à sa fin, le soleil de Californie tapait fort et les élèves encore présents préféraient errer à l’ombre des couloirs de Neptune High plutôt qu’affronter la chaleur déjà torride. Veronica ne faisait pas exception, la lumière étant vraiment trop forte.
Soudain, ce calme estival fut troublé par des coup de sifflet, des aboiements de chiens et les bruits des pas de course de dizaine de policiers. Dans un bel ensemble, tout ce petit monde qui avait envahi le lycée se retrouva bien vite devant un casier. Les chiens grognant, crocs bien en vue, leur maîtres tentant de les calmer, les autres flics formant un cercle empêchant les élèves d’approcher.
Comme par miracle, les « place, place » du principal écartèrent la foule des curieux, permettant à Clemmons et au shérif Lamb d’avancer tel Moise et les hébreux à travers la Mer Rouge.
Lamb montra le casier au vice principal que les chiens indiquaient. « C’est bien a celui que l’on croit ?
- Oui. » Van Clemmons se retourna, scrutant du regard la foule estudiantine qui murmurait. Son regard s’arrêtait parfois sur le visage d’un étudiant qui finissait obligatoirement par baisser les yeux, sauf bien évidemment la petite peste blonde qui le faisait souvent tourner en bourrique. Il se jura de l’avoir un jour dans son bureau et de la briser une bonne fois pour toutes. Finalement son regard s’arrêta sur un jeune garçon. « Julian Anscutter, venez immédiatement ici ! »
Le grand type s’approcha mal à l’aise sans vraiment savoir ce qui l’attendait.
Clemmons indiqua le casier. « Ouvrez-le ! »
Julian eut à peine le temps de finir sa combinaison que Lamb le repoussa sans ménagement et commença a fouiller le casier. Triomphant, il en sortit une clé USB. Il fit signe a un des ses adjoints d’apporter un ordinateur portable. Après l’avoir enfiché, il appela le principal.
« M. Clemmons. » Il alluma l’ordinateur. Après quelques secondes, la célèbre représentation du bureau d’un non moins célèbre système d’exploitation disparut, remplacée par un écran noir où clignotait en rouge une phrase : La prochaine fois cela sera pire que le réseau du lycée.
Lamb se retourna vers Julian. « Je crois que c’est clair.
- En effet, renchérit Clemmons. »
Le shérif appela un de ses hommes. « On boucle celui-là pour atteinte à la sécurité de l’établissement en attendant mieux. La clé, plus son site sont suffisamment incriminants.
- Mon site ? J’ai été piraté la semaine dernière, je n’avais rien a voir avec certaine menace proférée dessus, je le jure ! »
Lamb n’écoutait pas et Clemmons encore moins. D’un geste, Lamb signifia à ses hommes qu’il ne voulait plus le voir. Fermement tenu par les policiers, ils l’emmenèrent sans ménagement. Soudain le visage du garçon s’éclaira : « Veronica ! Veroniva Mars ! Aide-moi s’il te plaît, je n’ai rien fait, la clé n’est pas à moi, je ne comprends rien à ce qui arrive… Veronica ! »
La jeune fille regarda les hommes de Lamb l’emmener sans rien pouvoir faire et quand elle se retourna, ce fut pour découvrir le doigt de Clemmons qui la pointait à quelques centimètres de son front. « N’y pensez même pas, souffla Clemmons.
- Je n’ai encore rien fait, ni rien dit… Il n’empêche…
- Tsss, tsss, coupa Clemmons, ne poussez pas trop loin votre chance.
- Je demande juste des éclaircissements pour le journal. Il est étonnant de voir un étudiant partir menotté, monsieur le vice-principal.
- Pour le journal, hein ? »
Veronica lui lança son plus joli et innocent sourire. « Un bel article pour informer mes camarades de votre diligence à protéger ce merveilleux lycée.
- Très bien. Notez ça, Miss Mars. M. Anscuter à un site Internet punk, tendance anarchiste. De la graine de voyou si vous voulez mon avis. Bref, j’ai reçu un coup de fil d’une autorité indiquant que notre jeune ami projetait un attentat contre le lycée. Il semble bien désormais que cette information soit juste. En attendant d’être sûr que la clé est bien la sienne, ce garçon restera sous la garde du shérif Lamb. Cela vous va, mademoiselle Mars ?
- C’est parfait. » Elle tendit alors son pouce à la verticale. « Go Pirates !
- Bien ! » En souriant, confiant, Clemmons se retourna vers les jeunes et tapa dans ses mains. « Allez, circulez, il n’y a plus rien à voir, le spectacle est fini ! »
La foule se dispersa rapidement, élèves comme chien et policiers. Veronica finit par rester seule devant le casier toujours ouvert. Elle sortit son portable. « Mac ? Je vais avoir besoin de toi. »
*
Mac était assise à son bureau, pianotant son clavier, s’adressant à Veronica sans la regarder. « Tu sais, sans un bon mot de passe j’aurai du mal à faire tout ce que tu demandes !
- Tiens, Julian a été gentil. » Mac se retourna surprise. « Tu as pu lui parler ?
- Je dois sûrement avoir une touche avec le shérif, Lamb a été un amour.
- Veronica ! Je ne veux rien savoir… Voyons donc le ventre de la bête. »
Pendant quelques instants il n’y eut que le bruit du clavier.
« Bizarre, attaqua Mac. Il y a bien eu une effraction du site comme l’a dit Julian, mais ça ne va pas être simple pour remonter à la source.
- Comment ça ?
- Eh bien, je suis déjà à deux relais et je ne suis pas près de trouver la source.
- Mais tu pourrais ?
- Avec un peu de temps… Sûrement.
- Parfait, appelle-moi quand tu auras trouvé. Je dois poser quelques questions du côté des amis de Julian. »
Mac répondit juste par un signe de la main, le nez planté devant son écran.
*
« Honey ! I’m home… » Veronica, sans attendre de réponse, rentra chez elle pour se voir agresser par Backup qui chercha avec frénésie à lui lécher le visage. « Pa, tu es là ? » Pour toute réponse elle n’eut que le bruit d’une casserole crissant à terre et son père qui se releva précipitamment de derrière le comptoir.
Keith indiqua la casserole de sauce tomate tombée à terre et qu'il venait de ramasser. « Ce soir on mange light, pâtes au fromages. Et elles sont parfaites. Tu peux mettre la table, s’il te plaît ? »
Veronica s’exécuta . Elle en profita pour raconter sa journée et son enquête après que son père le lui ait demandé. La famille Mars allait attaquer le dessert quand le portable de Veronica sonna. « Mac ? Tu as pu remonter la piste… Cool… Mieux qu’une adresse IP, qu’est-ce qui peut être mieux que ça… Génial, attends ! » Elle fit signe a son père de lui apportait un stylo et du papier. « Vas-y, je note. »
Après avoir raccroché, Veronica composa le numéro qu’elle venait de noter. Il ne fallut que quelques secondes pour qu’elle blêmisse. Son père n’eut guère le temps de s’inquiéter qu’elle lui tendit le téléphone ; il comprit de suite la raison de son angoisse. Une voix féminine impersonnelle ne cessait de répéter la même phrase : "Désolés de ne pouvoir donner suite à votre appel, le standard de Langley est pour l’instant saturé. La CIA vous remercie de votre appel, veuillez nous recontacter plus tard."
Keith referma le téléphone. « Tu es sûre que ton amie n’a pu faire d’erreur ?
- Sûre et certaine ! C’est une crack à son niveau. Si elle dit que celui ou ceux qui ont piraté le site de Julian vient de là, je lui fais confiance. »
Il y eut un silence que Veronica s’empressa de rompre.
« Je fais quoi ?
- Rien. Cette fois ça dépasse tes compétences, chérie. Tu vas donc laisser Papa se débrouiller avec ça et retourner triché à tes examens.
- Je ne triche pas.
- J’espère bien, manquerait plus que ça, tiens.
- Et je voudrais ajouter que si c’est hors de ma catégorie, ça l’est aussi de la tienne.
- C’est bien pour ça que ton vieux père va demander l’aide d’un vieil ami. »
Et sans laisser sa fille rajouter quelque chose, il se rendit dans sa chambre où il s’enferma.
*
Veronica passa une nuit agitée. Elle se réveilla tôt et attendit que son père parte travailler pour ensuite entrer dans sa chambre et allumer l’ordinateur. Par chance, son père n’avait pas effacé l’historique et elle put voir que la dernière page vue la veille au soir correspondait aux petites annonces du Los Angeles Chronicle. Même si elle ne savait pas ce que son père avait écrit, c’était déjà un bon début.
L’avantage d’être en juin était que cela permettait à Veronica de sécher l’école pour se rendre au bureau sans avoir à se battre constamment avec son père. Comme par hasard, l’édition du jour du LA Chronicle était bien là. Veronica commença à lire les petites annonces. Bien vite, une attira son attention : "Brother Justin, je ne vous ai vu depuis notre nuit à regarder la planète rouge à New Canaan. Il serait bon que l’on se retrouve, mes péchés me pèsent. "
La signature indiquait Miss Kim. Ça ne lui disait rien, mais cela représentait trop le style de son père, elle en aurait mis sa main au feu. Restait maintenant à savoir quand aurait lieu le rendez-vous. Espionner son père n’était pas la chose la plus plaisante pour Veronica, mais avec un bon émetteur placé dans le combiné du téléphone, elle pouvait écouter ce qu’il dirait.
C’était son affaire, elle l’avait commencée et elle comptait bien la finir, quoi qu’en dise l’ex-shérif Keith Mars, père de son état.
Keith partit du bureau vers 19H. Dès qu’il eut refermé la porte, elle se précipita dans le bureau pour récupérer la K7 qui avait enregistré les différents coups de fil passés ou reçus par lui. Les quatre premiers ne lui apprirent rien, mais le dernier, par contre, répondit à ses attentes. Malgré ces manières de répondre élusives, Veronica devina où son père avait fixé son rendez-vous. Elle regarda sa montre ; elle devait faire vite si elle ne voulait pas rater la rencontre.
*
L’avantage de vivre dans une ville de riches comme Neptune était que le cimetière n’avait rien de commun avec les autres cimetières du pays : ici, les caveaux se disputaient le prix du plus somptueux. Et accessoirement, cela permettait de rester discret dans les allées.
Des nuages avaient fait leur apparition, cachant la lumière blanchâtre de la lune. Tant pis pour les photos. Restait au moins le micro directionnel pour entendre ce qu’ils se diraient.
Elle repéra facilement son père et se rapprocha de lui le plus possible, quand elle vit arriver une haute silhouette, plutôt robuste, cheveux blanc. Elle pointa le micro vers les deux hommes.
« Bonsoir Jack, attaqua son père.
- C’est un plaisir de te revoir Keith, même si je me demande ce que vaut autant de… discrétion.
- Il est arrivé quelque chose au lycée de Neptune et cela a des ramifications que je n’arrive pas a appréhender. J’aurais donc…
- S’il s’agit du problème des réseaux informatiques, on est dessus.
- Même sur votre implication ?
- Notre quoi ? »
Un blanc. Puis Jack reprit.
« On parle bien de la même chose ?
- Un pseudo terroriste aurait proféré des menaces pour infecter le réseau du lycée de Neptune en promettant bien plus.
- Rajoute une bonne centaine de lycée à travers le pays et tu sauras pourquoi la CIA est dessus.
- Et vous êtes aussi responsables de l’infection, comme pour Neptune ?
- Mais de quoi tu parles ? »
Veronica vit son père sortir un ordinateur portable.
« Un petit génie a remonté la trace d’une infraction sur le site qui aurait menacé la santé informatique de notre école libre et publique. L’adresse IP correspond à une des lignes de Langley.
- Impossible !
- Jack, pas d’affirmation péremptoire. Nous savons tous les deux que la CIA peut faire bien plus.
- Non, ce que je veux dire, c’est pourquoi la CIA se bloquerait elle-même sur cette affaire ? Quasiment tous les services sont sur ce problème. Une centaine de pseudo-terroristes lycéens de ce pays a de quoi rendre fou et parano nos dirigeants !
- C’est un bon moyen de vous occuper, peut-être ? »
De nouveau un blanc. Comme si Jack digérait l’information. « Peut-être. Ecoute, je vais voir ce que je peux faire, Keith. » L’ex-shérif sortit un DVD de l’ordinateur. « Toutes les infos sont dessus. » Jack s’empressa de mettre le disque dans une de ses poches. « Très bien, dès que j’ai du nouveau, je te contacte par le même canal que celui que tu as utilisé.
- Pas de problème. C’est toujours un plaisir que de faire affaire avec vous, Brother Justin. Et mes amitiés à Sydney. » Jack donna une claque sur l’épaule de Keith. « Prenez bien soin de vous, Miss Kim. Et mes salutations à Veronica. »
Toujours souriant de leur bonne blague et sans autre mot, les deux hommes se séparèrent.
Veronica les regarda s’éloigner. Quand ils disparurent, elle rangea son matériel, consciente que, comme son père avait dit, son affaire semblait bien trop grosse pour elle désormais.
Arrivée à la voiture, Backup lui fit une fête d’enfer, mais sa maîtresse ne lui accorda pas beaucoup d’attention, trop occupée à réfléchir sur la conduite a adopté désormais.